Le billet suivant s’écarte de mes habitudes, car il est presque exclusivement basé sur le livre Staff-Less Libraries: Innovative Staff Design de Carl Gustav Johannsen (Chandos, 2017) qui est consacré aux open libraries, c’est-à-dire les bibliothèques accessibles sur carte, sans personnel. Johannsen m’a convaincu que ce service n’était pas une simple curiosité scandinave, mais qu’il pouvait au contraire être très utile de le transposer en France. Voyons ensemble pourquoi.
Les bibliothèques ouvertes : un point aveugle en France
[...] En effet, si vous souhaitez vous renseigner sur les open libraries, il n’y a quasiment rien à se mettre sous la dent en français : pas d’article dans le BBF, pas de mémoire d’étudiant, et aucune mention dans les boîtes à outils de l’Enssib. En cherchant bien, on trouve principalement un article dans la revue Bibliothèque(s), une vidéo et deux retours d’expérience (un français et un belge) sur le site de la Bpi… et c’est à peu près tout.
Le rapport Orsenna de 2018, qui avait pourtant mis sur le devant de la scène la question des horaires d’ouverture, n’en dit pas un mot. C’est une vraie lacune, car ce document souligne le retard français en matière d’horaires, mais sans préciser que le différentiel (parfois colossal) avec d’autres pays européens est souvent dû au développement des open libraries.
Le principe de l’open library est si mal documenté, qu’il n’y a même pas de terme reconnu en français pour désigner ce service. L’habitude qui commence à être prise consiste à parler simplement d’Open+, y compris dans la communication avec le public. Même si la technologie développée par Bibliotheca fait référence, il me semble préférable de distinguer le nom du service et le nom de la solution technique qui le porte. [...]